Regards croisés

A propos du livres “Impressions méditerranéennes”

Je viens de terminer à l’instant la lecture minutieuse d’Impressions méditerranéennes : magnifique surprise, grand bonheur. Quel talent d’écrivain, quel feu d’artifice de beautés d’écriture et de nature.

J’aimais déjà Colette Richarme comme peintre, mais l’acuité de son regard, la finesse de sa sensibilité, la précision verbale, sont remarquables et attachantes.

Surtout dans ces paysages familiers et ces villes ou sites qu’on croit si bien connaître, elle réveille les perceptions, offre le mot précis, la nuance juste. Poète en prose.

Critique d’art aussi : j’ai savouré son commentaire de la fresque de Saint-Mathieu, qu’elle explique et « fait voir » autrement ; d’où le choix du nom de Tobie !

Et puis elle fait oeuvre d’historienne : elle sauve pour la mémoire collective bien des paysages, des points de vue disparus ou abîmés aujourd’hui.

L’édition de Régine Monod est très belle, d’une qualité que mérite son oeuvre. Merci !

Bref je suis enchantée, au plein sens du terme.

Michèle Weil, qui fut présidente de l’université Montpellier 3

Lieux et couleurs, pinceaux et stylos, à propos de « Impressions méditerranéennes »

« La vignette », le mas de « Psalmodie », Montpellier, Palavas les flots, Sète et aussi Saint-Mathieu-de-Tréviers, lieux de terre, de ciels lumineux, RICHARME les a habités au sens fort de ce terme : Elle a voulu percer leur secret, comprendre et dire leur harmonie, leur « âme ». Elle a voulu, de toute son énergie transcrire, peindre, dessiner, écrire ces lieux qu’elle percevait comme essentiels à sa vie, à son art.

On a le sentiment que c’est un véritable corps à corps qui s’engage entre l’artiste et les lieux pour en faire des paysages. Armée de ses pinceaux et de ses stylos, elle leur arrache et leur donne des lignes de force et d’ardentes couleurs. On a l’impression que la gouache utilisée ne suffit pas à la sublimation de ces lieux. Elle a recours à l’écriture pour préciser les couleurs, pour dire autrement les lignes de fuite. Le lecteur ne sait pas où est la priorité : le texte ? la gouache aquarellée ? L’un et l’autre sont indispensables et se soutiennent mutuellement.

Ecrivaine autant que peintre, c’est à deux arts que Richarme s’adresse pour exprimer son désir de DIRE son attachement aux lieux marqués du soleil méditerranéen.

Francine Best, philosophe